Créer une société en Andorre en 2026 : coûts, démarches, fiscalité et délais

Créer une société en Andorre peut être intéressant pour un entrepreneur qui souhaite réellement développer ou diriger son activité depuis la Principauté. Le pays combine une fiscalité des entreprises relativement modérée, un environnement économique de petite taille et une proximité immédiate avec la France et l’Espagne.

Il faut toutefois se méfier d’une image parfois trop simplifiée de l’Andorre. Ouvrir une entreprise ne consiste pas à déposer 3 000 € de capital et à profiter automatiquement d’un impôt de 10 %, voire de 2 %. Pour un investisseur étranger, la constitution d’une société implique notamment une procédure d’investissement étranger, des contrôles sur l’origine des fonds, un compte bancaire, un siège en Andorre, un passage devant notaire et plusieurs formalités après l’immatriculation. Le Gouvernement demande également, dans le dossier d’investissement étranger, une description du projet, du marché visé, de la valeur ajoutée apportée et des investissements prévus.

Depuis l’entrée en vigueur de la nouvelle réglementation sur l’investissement étranger en 2025, l’administration dispose en outre d’un cadre renforcé pour examiner les projets et contrôler leur réalisation. Le Gouvernement indique expressément que l’objectif est de mieux suivre les investissements étrangers et de privilégier les projets apportant une réelle valeur ajoutée au pays.

Pour un entrepreneur, la bonne question n’est donc pas seulement « combien vais-je économiser en impôts ? », mais plutôt « mon activité a-t-elle une raison économique crédible d’être implantée et dirigée depuis Andorre ? ».

Pourquoi créer une entreprise en Andorre en 2026 ?

La fiscalité constitue naturellement l’un des principaux attraits du pays. Le taux général de l’impôt sur les sociétés est actuellement fixé à 10 %. Il existe également plusieurs régimes fiscaux particuliers, notamment pour certaines exploitations d’actifs incorporels, les sociétés de détention de participations, les coopératives, la consolidation fiscale ou certaines nouvelles immobilisations. Ces régimes ne signifient cependant pas qu’une entreprise peut choisir librement un taux réduit parce qu’elle vend des services à l’étranger.

C’est une correction importante par rapport à de nombreux contenus consacrés à la création de sociétés andorranes.

Un consultant qui facture ses clients français ou espagnols ne bénéficie pas automatiquement d’un impôt sur les sociétés à 2 %. Un SaaS n’est pas non plus automatiquement une société « IP à 2 % ». La qualification d’un régime spécial dépend de la nature réelle des actifs, des opérations et des conditions prévues par la législation fiscale. La page officielle du Département des Tributs confirme aujourd’hui un taux général de 10 % et distingue les régimes spéciaux sans présenter le « 2 % sur l’export » comme un régime général.

Prenons un exemple volontairement simple. Une société réalise 100 000 € de bénéfice fiscal réellement taxable au taux général. Avant déductions, crédits ou particularités éventuelles, un taux de 10 % correspond à 10 000 € d’impôt. Cela permet de comprendre l’ordre de grandeur, mais ce calcul ne constitue pas une simulation fiscale complète : bénéfice comptable et base imposable ne sont pas nécessairement identiques. Le Gouvernement précise que la base de l’impôt est déterminée à partir du résultat comptable corrigé conformément aux règles fiscales applicables.

La fiscalité n’est pas le seul argument. Andorre développe également une politique d’attraction des entreprises à valeur ajoutée. Andorra Business, l’agence publique chargée du développement économique, accompagne les entreprises locales et les investisseurs étrangers dans leur implantation, leur croissance et leur internationalisation.

La proximité de Barcelone, Toulouse et des marchés français et espagnol peut également avoir un intérêt concret pour certaines entreprises. Cela reste toutefois différent d’une implantation au sein de l’Union européenne.

Une société andorrane a-t-elle accès au marché de l’Union européenne ?

Cette question mérite une réponse plus précise en 2026 qu’il y a encore quelques mois.

Andorre n’est pas membre de l’Union européenne. Elle dispose déjà d’une union douanière avec l’UE pour les marchandises dans le cadre existant.

Parallèlement, le rapprochement avec l’Union européenne a franchi une étape majeure le 16 juillet 2026. Le Conseil de l’UE a autorisé la signature et l’application provisoire de l’accord d’association avec Andorre et Saint-Marin. Cet accord prévoit notamment leur participation à un marché intérieur étendu et homogène, sous des conditions de concurrence et de règles communes.

Pour autant, au mois d’août 2026, il serait prématuré d’écrire simplement qu’une société andorrane bénéficie déjà exactement des mêmes droits qu’une entreprise implantée en France ou en Espagne.

Le Conseil de l’Union européenne indique que la pré-signature de l’accord par les États membres est prévue en septembre 2026, avant la signature par la Commission, l’intervention du Parlement européen et les étapes nécessaires à sa conclusion.

Pour une entreprise qui vend des marchandises, des services financiers ou des services numériques dans l’Union, il faut donc examiner le cadre réellement applicable à son activité plutôt que considérer l’Andorre comme un État membre de l’UE.

SL ou SA : quelle forme de société choisir ?

Deux formes reviennent principalement dans les projets de création d’entreprise : la Societat Limitada, ou SL, et la Societat Anònima, ou SA. Elles peuvent également être constituées sous forme unipersonnelle, respectivement SLU et SAU. Le portail officiel de création d’entreprise mentionne expressément ces quatre formes.

Pour une petite ou moyenne entreprise, une agence, une activité de conseil, un e-commerce ou une société technologique détenue par un petit nombre d’associés, la SL est généralement la structure que l’on examine en premier.

La SA répond davantage aux projets nécessitant un capital plus important ou une organisation actionnariale plus adaptée à des opérations d’une certaine ampleur.

La différence la plus immédiatement visible est le capital minimum.

En 2026, le capital social minimum d’une SL est de 3 000 €. Celui d’une SA est de 60 000 €. Ces montants sont explicitement indiqués par le Gouvernement.

Le texte d’origine indiquait simplement qu’une SA nécessitait « un capital plus élevé ». Pour une page destinée à aider réellement un entrepreneur à préparer son projet, donner le montant officiel est beaucoup plus utile.

Les étrangers peuvent-ils créer une société en Andorre ?

Oui, mais la participation étrangère implique des formalités spécifiques.

Pour la constitution d’une société par une personne physique ou morale étrangère non résidente, le parcours officiel prévoit une autorisation d’investissement étranger direct. Elle intervient après l’autorisation de la dénomination sociale et avant le passage chez le notaire.

Le dossier est plus substantiel qu’un simple formulaire.

Le Gouvernement demande notamment un certificat d’antécédents pénaux récent, un curriculum vitae avec photographie, une copie certifiée du passeport ou de la pièce d’identité ainsi qu’une présentation du projet. Cette présentation doit notamment préciser le marché cible, la valeur ajoutée apportée par l’investissement, l’activité de la future société et les montants que les associés et l’entreprise envisagent d’investir.

Cela correspond à l’évolution de la politique andorrane en matière d’investissement étranger. Depuis 2025, le Registre des investissements étrangers dispose de mécanismes renforcés pour vérifier les projets avant leur autorisation et contrôler leur matérialisation.

Un investisseur étranger ne doit donc pas partir du principe que l’autorisation constitue une simple formalité automatique.

Comment se déroule concrètement la création d’une société ?

La création commence généralement par l’obtention des éléments administratifs permettant aux futurs associés d’effectuer leurs démarches. Pour un étranger non résident, le Gouvernement prévoit notamment l’obtention d’un numéro d’identification administrative, ou NIA.

Vient ensuite la réservation de la dénomination sociale. Le demandeur doit proposer trois noms différents et décrire l’objet de la future société. La taxe indiquée actuellement par le Gouvernement est de 5,69 €.

Dans le cas d’un investisseur étranger concerné par la procédure, la demande d’autorisation d’investissement étranger intervient ensuite. La taxe administrative affichée par le Gouvernement est actuellement de 300 €.

Une fois le projet suffisamment avancé, il faut définir le siège social. Le Gouvernement précise qu’il doit se trouver en Andorre et qu’il peut, selon la situation, correspondre à un bien détenu par la société ou l’associé, un bureau loué ou certains espaces de coworking.

La future société doit également disposer d’un compte bancaire en constitution. La banque délivre ensuite le certificat nécessaire au notaire, indiquant notamment le capital versé et sa répartition entre les associés ou actionnaires. Les établissements bancaires appliquent leurs propres procédures de connaissance du client et de lutte contre le blanchiment, ce qui explique pourquoi l’ouverture du compte peut constituer une étape importante du calendrier.

Les statuts sont ensuite préparés en cohérence avec l’objet social présenté lors des étapes précédentes. La constitution est formalisée par acte public devant un notaire andorran. Le notaire transmet ensuite l’acte au Registre des sociétés mercantiles pour son inscription.

Après l’immatriculation viennent encore les démarches fiscales et commerciales nécessaires à l’activité : inscription auprès du Département des Tributs et des Frontières, nom commercial, ouverture du commerce lorsqu’elle est nécessaire et inscription à la CASS lorsque la société devient employeur.

Autrement dit, « société constituée » et « entreprise prête à facturer dans toutes les situations » ne désignent pas nécessairement le même moment du processus.

Quels sont les frais annuels après la création ?

Une société andorrane continue naturellement à supporter des coûts après son immatriculation.

Le Gouvernement publie certaines taxes précises. Une SL patrimoniale ou ne disposant pas d’un commerce ouvert supporte actuellement une taxe annuelle de maintien de 851 €. Pour une SA dans la même situation, elle est indiquée à 935,50 €. Lorsque la société dispose d’un commerce ouvert et d’activités enregistrées au Registre de Commerce et d’Industrie, la page officielle indique une quote-part annuelle de 214,21 € au registre concerné.

À ces taxes administratives s’ajoutent les dépenses propres à chaque entreprise.

Une société active devra généralement prévoir sa comptabilité, ses déclarations fiscales, ses frais bancaires, son assurance lorsqu’elle est nécessaire, son espace de travail, son personnel éventuel, ses outils informatiques et ses coûts de conformité.

Les honoraires comptables de 1 500 €, 4 000 € ou 10 000 € que l’on trouve dans les comparateurs ne constituent pas des tarifs officiels. Une holding avec quelques opérations annuelles et un e-commerce qui génère plusieurs milliers de transactions ne demandent évidemment pas le même travail.

Le bon réflexe consiste à demander un devis fondé sur le volume d’activité réel plutôt que sur la seule forme juridique.

Quel est le taux d’IGI en Andorre ?

L’IGI est l’équivalent andorran de l’impôt général indirect sur la consommation.

Son taux général est actuellement de 4,5 %. Des taux de 0 %, 1 %, 2,5 % et 9,5 % existent également pour certaines catégories d’opérations.

Il serait cependant incorrect d’appliquer mécaniquement 4,5 % à toutes les factures d’une entreprise andorrane.

Le traitement dépend de la nature de l’opération, de la localisation du client, du type de service ou de marchandise et des règles de territorialité applicables.

C’est particulièrement important pour les activités numériques et transfrontalières.

Une société andorrane qui vend à des consommateurs européens doit analyser les règles applicables à son activité dans les pays concernés. L’IGI andorran ne remplace pas automatiquement toutes les obligations fiscales susceptibles de naître dans l’Union européenne.

Le taux de 2 % pour les entreprises exportatrices existe-t-il encore ?

Il vaut mieux ne plus présenter les choses de cette façon.

La documentation fiscale officielle actuelle indique un taux général d’impôt sur les sociétés de 10 %. Elle identifie plusieurs régimes spéciaux, dont celui relatif à l’exploitation de certains actifs incorporels, mais elle ne présente pas un taux automatique de 2 % applicable simplement parce qu’une société facture ses clients à l’étranger.

C’est une différence majeure.

Une agence marketing qui réalise 95 % de son chiffre d’affaires en France ne doit pas construire son business plan en supposant que son bénéfice sera nécessairement taxé à 2 %.

De même, le fait de produire un logiciel ou de posséder une marque ne suffit pas à conclure automatiquement qu’un régime spécial relatif aux actifs incorporels est applicable.

Un avantage fiscal spécifique doit être validé à partir de la loi et de la situation réelle de l’entreprise, idéalement avant que le business plan ne dépende financièrement de cet avantage.

Comment sont imposés les dividendes ?

Il faut distinguer les dividendes perçus par une personne physique résidente d’Andorre, les dividendes reçus par une société et ceux versés à un associé non résident.

Pour une personne physique résidente fiscale d’Andorre, la législation fiscale prévoit notamment une exonération pour les dividendes provenant d’entités résidentes andorranes soumises à l’impôt sur les sociétés. Une consultation fiscale officielle publiée en juillet 2026 rappelle expressément cette règle.

Le traitement n’est pas automatiquement identique lorsqu’un actionnaire réside en France, en Espagne ou dans un autre pays.

Dans ce cas, sa propre résidence fiscale, la convention de double imposition applicable et les règles de son pays doivent être prises en compte.

Un Français qui détient une société andorrane mais reste résident fiscal français ne doit donc pas calculer son revenu disponible en supposant que les dividendes seront nécessairement « à 0 % ».

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