Fiscalité en Andorre en 2026 : IRPF, IS, IGI et ce que vous payez réellement

La fiscalité andorrane est souvent résumée en trois chiffres : 10 % d’impôt sur le revenu, 10 % d’impôt sur les sociétés et 4,5 % d’IGI. Ces taux sont bien au cœur du système fiscal actuel, mais ils ne suffisent pas à calculer ce qu’une personne ou une entreprise paiera réellement.

Pour un particulier, l’IRPF ne fonctionne pas comme une flat tax de 10 % appliquée au premier euro. Pour une entreprise, les 10 % d’impôt sur les sociétés s’appliquent à une base fiscale qui peut différer du bénéfice comptable. Et pour l’épargne, les dividendes, les plus-values ou les revenus étrangers, il existe des règles spécifiques qu’il faut examiner avant de tirer une conclusion.

C’est particulièrement important lorsqu’on envisage de s’installer en Andorre pour des raisons professionnelles ou patrimoniales. Une résidence administrative, une résidence fiscale, une société andorrane et la fiscalité applicable à des revenus français ou espagnols sont des sujets liés, mais juridiquement différents.

L’Andorre applique-t-elle réellement un impôt sur le revenu de 10 % ?

Oui, mais présenter l’IRPF comme une taxe uniforme de 10 % est trompeur.

Le taux général de l’IRPF est bien fixé à 10 %. Cependant, pour la base générale, le système prévoit un minimum exonéré de 24 000 € et un mécanisme de bonification qui conduit à un taux équivalent de 5 % sur la tranche comprise entre 24 000 et 40 000 €. Au-delà de 40 000 €, le taux applicable à la fraction supplémentaire est de 10 %.

Cette structure produit une imposition effective nettement inférieure à 10 % pour de nombreux contribuables.

C’est pourquoi les simulations consistant simplement à prendre un salaire annuel et à le multiplier par 10 % sont généralement fausses.

Combien d’IRPF paie-t-on sur 35 000 € ?

Prenons un exemple volontairement simple.

Une personne dispose de 35 000 € de revenu net relevant de la base générale et nous supposons, uniquement pour comprendre le barème, qu’aucune autre réduction ou déduction particulière ne s’applique.

Les premiers 24 000 € ne supportent pas d’IRPF. La partie comprise entre 24 000 et 35 000 €, soit 11 000 €, supporte un taux équivalent de 5 %.

L’impôt théorique ressort donc à environ 550 €, et non à 3 500 €.

Le calcul réel d’un contribuable peut naturellement différer en fonction de sa situation familiale, de la nature exacte de ses revenus et des réductions ou déductions auxquelles il a droit. Le Gouvernement prévoit notamment plusieurs mécanismes liés aux charges familiales, à la résidence principale, à la prévoyance ou encore à la double imposition.

Cet exemple illustre l’une des principales erreurs rencontrées dans les comparatifs fiscaux sur Andorre : « taux maximal de 10 % » ne signifie pas « 10 % du revenu total ».

Et avec 60 000 € de revenu ?

En appliquant la même hypothèse simplifiée, les premiers 24 000 € sont couverts par le minimum personnel.

Les 16 000 € compris entre 24 000 et 40 000 € produisent environ 800 € d’impôt au taux équivalent de 5 %.

Les 20 000 € situés au-dessus de 40 000 € produisent 2 000 € supplémentaires au taux de 10 %.

L’IRPF théorique ressort donc à environ 2 800 €, avant prise en compte des éventuelles autres réductions ou déductions. Le mécanisme officiel repose sur un taux général de 10 % combiné à une bonification pouvant atteindre 800 € pour les revenus concernés.

Le taux effectif dans cet exemple est donc très inférieur à 10 % du revenu.

Combien paie une personne disposant de 100 000 € de revenu ?

Avec les mêmes hypothèses simplificatrices, les 16 000 € situés entre 24 000 et 40 000 € correspondent à environ 800 € d’impôt.

Les 60 000 € supplémentaires, entre 40 000 et 100 000 €, correspondent à 6 000 €.

L’ordre de grandeur théorique est donc de 6 800 € d’IRPF, avant autres ajustements.

C’est très différent des 10 000 € que l’on obtient en appliquant directement 10 % à 100 000 €.

Cela montre pourquoi un article fiscal utile doit distinguer le taux nominal du taux effectivement supporté.

Qui est considéré comme résident fiscal andorran ?

L’IRPF concerne les personnes physiques qui ont leur résidence fiscale en Andorre et porte, en principe, sur leurs revenus mondiaux, indépendamment du pays où ces revenus ont été produits ou de l’endroit où se trouve leur payeur.

Le Gouvernement retient notamment comme critère une présence de plus de 183 jours en Andorre pendant l’année civile.

Il prévoit également la situation dans laquelle le noyau principal ou la base des activités ou intérêts économiques d’une personne se trouve directement ou indirectement en Andorre.

Les 183 jours ne doivent donc pas être interprétés comme l’unique manière de déterminer la résidence fiscale.

Il ne faut pas davantage les confondre avec les conditions d’une autorisation administrative de résidence.

Le Gouvernement rappelle explicitement que résidence fiscale et résidence administrative sont deux notions différentes.

Être résident andorran suffit-il pour ne plus être résident fiscal français ?

Non.

Pour une personne arrivant de France, obtenir une carte de résidence andorrane ne suffit pas, à elle seule, à régler la question du domicile fiscal français.

La France examine notamment le foyer, le lieu de séjour principal, l’activité professionnelle et le centre des intérêts économiques. Si une personne est considérée comme résidente par les deux pays, la convention fiscale franco-andorrane intervient pour résoudre le conflit de résidence.

C’est un point particulièrement important pour une personne qui déménage seule en Andorre tout en conservant son conjoint, ses enfants, son entreprise ou une part substantielle de son activité en France.

Le changement de résidence fiscale doit correspondre à une situation réelle et cohérente, pas uniquement à un nombre de jours ou à une adresse administrative.

Que deviennent les revenus français après une installation en Andorre ?

Devenir non-résident fiscal français ne signifie pas que tous les liens fiscaux avec la France disparaissent.

L’administration fiscale française précise qu’un non-résident peut continuer à être imposé en France sur certains revenus de source française, sous réserve des dispositions de la convention fiscale applicable.

C’est notamment la raison pour laquelle il est préférable de cartographier ses revenus avant un départ : salaire, immobilier, dividendes, pensions, activité professionnelle, participations dans des sociétés ou autres revenus de source étrangère.

Une convention de double imposition ne signifie pas que tous ces revenus deviennent exonérés. Elle détermine notamment quel État possède le droit d’imposer et comment une éventuelle double imposition doit être éliminée. Le Gouvernement andorran décrit précisément les CDI comme des instruments destinés à éviter qu’une même rente soit imposée par plusieurs États au titre du même fait générateur et de la même période.

Avec quels pays Andorre dispose-t-elle de conventions fiscales ?

Andorre dispose aujourd’hui d’un réseau de conventions de double imposition beaucoup plus étendu que les quelques pays régulièrement cités dans les anciens guides.

La France et l’Espagne font notamment partie des États avec lesquels une convention est en vigueur. D’autres accords sont entrés en vigueur ces dernières années, tandis que certains textes signés en 2026 sont encore dans leur processus d’entrée en vigueur.

Il ne faut donc pas se contenter d’une ancienne liste mentionnant uniquement la France, l’Espagne, le Luxembourg ou le Portugal.

Pour un revenu provenant d’un pays déterminé, la bonne méthode consiste à vérifier s’il existe effectivement une convention en vigueur à la date du paiement, puis à examiner l’article correspondant à la catégorie de revenu concernée.

Comment sont imposés les intérêts et les revenus de l’épargne ?

La fiscalité de l’épargne est également souvent simplifiée à l’excès.

Il ne s’agit pas simplement d’une « exonération des premiers 3 000 € d’intérêts bancaires ».

La règle officielle prévoit un minimum exonéré de 3 000 € sur la base de l’épargne. Le solde positif de la base de l’épargne est réduit de cette somme avant application du taux de 10 %.

Prenons un exemple simple.

Si une personne perçoit 5 000 € de revenus entrant dans cette base et qu’aucun autre élément ne vient modifier le calcul, 3 000 € sont couverts par le minimum exonéré. Les 2 000 € restants donnent un impôt théorique de 200 €.

Les établissements financiers appliquent normalement une retenue de 10 % sur certains revenus mobiliers, avec la possibilité, dans les conditions prévues, de demander que le minimum de 3 000 € soit pris en compte.

Les dividendes d’une société andorrane sont-ils réellement exonérés ?

Ils peuvent l’être, mais il faut préciser les conditions.

La législation prévoit notamment une exonération pour les dividendes et autres revenus provenant d’une participation dans les fonds propres lorsqu’ils sont versés par une entité résidente fiscale d’Andorre soumise à l’impôt andorran sur les sociétés, dans les conditions prévues par la loi.

C’est une différence importante pour un entrepreneur résident qui détient sa société andorrane.

Cependant, écrire simplement « dividendes = 0 % » est insuffisant.

Un dividende provenant d’une société française, espagnole, américaine ou d’une autre juridiction peut supporter une retenue dans son pays d’origine et doit être analysé avec la convention fiscale éventuellement applicable.

De même, un associé d’une société andorrane qui reste résident fiscal français ne doit pas raisonner comme un résident fiscal andorran.

Le lieu de résidence du bénéficiaire change l’analyse.

Toutes les plus-values mobilières sont-elles taxées entre 0 et 10 % ?

Cette formulation est trop vague pour être réellement utile.

Les gains et pertes de capital constituent bien une catégorie de revenus de l’IRPF, mais différentes exonérations et règles de calcul peuvent s’appliquer selon la nature de l’actif, le pourcentage détenu, l’opération réalisée et d’autres conditions prévues par la législation.

Il ne faut donc pas présenter un « 0 % sur les plus-values après X années » comme une règle générale applicable à n’importe quel portefeuille.

La fiscalité d’une vente de titres d’une société que l’on contrôle n’est pas nécessairement identique à celle d’un petit portefeuille d’actions cotées.

Les transmissions immobilières andorranes répondent également à un régime particulier : certaines plus-values immobilières sortent du champ de l’IRPF lorsqu’elles sont soumises à l’impôt andorran spécifique sur les plus-values immobilières.

Pour une cession importante, notamment avant ou après un changement de résidence fiscale, la qualification de l’opération doit donc être vérifiée avant d’effectuer la vente.

Les successions et donations sont-elles réellement « non taxées » en Andorre ?

Cette phrase doit être fortement nuancée.

Le Gouvernement précise que les acquisitions à titre gratuit, comme les héritages et les donations, sont hors du champ d’application de l’IRPF.

Cela ne signifie pas qu’aucune opération de transmission ne puisse jamais produire d’impôt.

Les transmissions gratuites inter vivos de biens immobiliers peuvent, par exemple, entrer dans le champ de l’impôt sur les transmissions patrimoniales, même si des exonérations existent notamment pour certaines transmissions entre personnes ayant un lien de parenté déterminé.

La transmission d’un patrimoine international nécessite encore davantage de prudence.

Un résident andorran possédant des actifs en France ou ayant des héritiers dans un autre pays peut rester exposé aux règles fiscales de cet autre État.

La formulation la plus juste n’est donc pas « Andorre n’a pas de droits de succession ou de donation », mais plutôt : les héritages et donations ne sont pas intégrés dans l’IRPF andorran, tandis que la fiscalité concrète d’une transmission dépend des actifs et des juridictions concernées.

Quand faut-il déposer la déclaration IRPF ?

La déclaration de l’IRPF est déposée entre le 1er avril et le 30 septembre de l’année suivant celle qui fait l’objet de la déclaration.

Tous les résidents fiscaux ne se trouvent cependant pas dans exactement la même situation déclarative.

Le Gouvernement prévoit notamment une obligation de déclaration lorsque la personne perçoit des revenus d’activité économique, lorsque ses revenus du travail et/ou du capital immobilier atteignent certains seuils, lorsque certains revenus mobiliers non soumis à retenue dépassent 3 000 €, ou encore lorsqu’elle réalise des gains ou pertes en capital.

Il serait donc incorrect d’écrire que toute personne titulaire d’une résidence andorrane doit automatiquement remplir la même déclaration IRPF.

La résidence fiscale et la nature des revenus déterminent les obligations.

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